H. Poincaré to Maurice-Louis Faure

Paris, le 5 janvier 1911

République Française — Bureau des Longitudes

Direction de l’enseignement supérieur — 2e Bureau

Le Président du Bureau des Longitudes à Monsieur le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts et des Cultes

En vue de pouvoir titulariser Mademoiselle Vaudein dont la période de stage se terminera au 31 mai prochain et qui, comme calculatrice nous donne toute satisfaction, il est nécessaire de créer une vacance dans le cadre des calculateurs de 3ème classe.

Madame Domer qui jouit du traitement maximum de sa classe, dont elle est la plus ancienne et qui, calculant avec soin et exactitude, n’a cessé de rendre de bons services depuis son entrée au bureau des calculs, en 1897, mérite de passer à la 2ème classe. En outre, il nous paraît utile d’encourager deux calculateurs dont les aptitudes et les services sont très appréciés.

1° – M. Pottier, calculateur de 2ème classe, qui, entré au bureau en mai 1888 comme auxiliaire, nommé à la 3ème classe le 1er novembre 1898, puis à la 2ème classe le 1er janvier 1909, est un employé assidu et très exercé. Nous estimons que son traitement peut être porté de 3000 f à 3400 francs.

2° – M. Jules Masson, calculateur de 3ème classe, peut également être augmenté dans sa classe et ses émoluments portés de 2100 à 2400 francs ; ce jeune employé, actif, zélé et consciencieux, déjà bon calculateur, s’annonce comme devant devenir l’un de nos meilleurs.

Nous vous demandons aussi de bien vouloir augmenter le traitement de notre gardien de bureau M. Bruel et de le porter de 1600 à 1700 francs. M. Bruel est un employé zélé, consciencieux, d’une parfaite honnêteté et son excellente conduite nous permet de compter sur son dévouement d’une façon absolue.

Il me reste une dernière demande à vous adresser en faveur de Madame Schmid, dont il paraîtrait juste de porter l’indemnité de 2700 f à 3000 francs. Cette dame que vous avez bien voulu nommer le 1er janvier 1909 calculatrice temporaire parce que, à cause de son âge, elle ne pouvait être titularisée, a vu son gain décroître d’une façon très notable par suite de la diminution du prix de l’heure de calcul, qui est de 1,f25 actuellement au lieu de 1,f60. Entrée au bureau en janvier 1884 elle est un de nos plus anciens calculateurs, son zèle ne s’est jamais démenti et elle a toujours effectué les travaux qui lui ont été confiés avec le plus grand soin.

En conséquence j’ai l’honneur de vous adresser les propositions suivantes qui sont conformes aux prescriptions de l’article 2 du décret du 9 janvier 1909 :

Pour l’avancement en classe, Madame Domer qui deviendrait calculatrice de 2ème classe et dont les appointements seraient portés de 2700 f à 3000 francs.

Pour les augmentations

M. Pottier, calculateur de 2ème classe, dont le traitement serait porté de 3000 f à 3400 frs.

M. J. Masson, calculateur de 3ème classe, dont le traitement serait porté de 2100 f à 2400 frs.

M. Bruel, gardien de bureau, dont le traitement serait porté de 1600 f à 1700 frs.

Mme Schmid, calculatrice temporaire dont l’indemnité serait portée de 2700 f à 3000 frs.

Ces améliorations de traitement, que j’ai l’honneur de vous soumettre, formeraient un total de 1400 francs qui pourraient être prélevées sur la réserve du personnel du Bureau (chapitre 45 du budget de 1910).

Poincaré

ALXS 2p. F17 13570, Archives nationales françaises.

Time-stamp: "25.05.2017 01:21"